sábado, 9 de dezembro de 2017

Homenagem a António Arsénio da Silva

Fotografia de José Maria Laura

Era eu criança e o Arsénio já um homem muito adulto, um primo, um líder familiar. Um franco sorriso, um gesto largo, um contágio de alegria e, ao mesmo tempo, um pulso firme. Nesta altura do ano, desde Lisboa até ao ninho transmontano, o seu gesto franco de amizade sem contornos, fazia-nos chegar bacalhau, queijo, doces. O Arsénio era o nosso Natal.  
Foi assim que aprendi o Arsénio, foi assim que continuei a vê-lo pela vida fora:  trabalhador, decidido, generoso, firme, lutador sem recuos, em Trás-os-Montes, em Lisboa, e já bem tardiamente, quando a emigração era ainda um tabuleiro desconhecido - mas ele era um águia-mestre no domínio da pastelaria - , aventurou-se no Canadá. Distante, sem o domínio da língua, com a sua sempre companheira, Zulmira, proporcionou um futuro de sucesso aos filhos. Verdadeiramente um “urso vencedor” como disse o seu neto, o Paulo. 
Um homem desta envergadura, mesmo coberto de terra, não é aqui que sai derrotado.

José Maria Silva
Cabriz, 9 de dezembro 2017

JACQUES PRÉVERT par JEAN RENO - Hommage à Johnny Halliday

Jean Reno


MERCI: https://www.lci.fr/people/video-hommage-johnny-hallyday-marion-cotillard-tres-emue-au-moment-de-lire-son-texte-2072927.html

"Chanson des Escargots qui vont à l'enterrement".

À l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le soir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le cœur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l’œil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueil
C'est triste et pas joli
Reprenez les couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
À chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un p'tit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Jacques Prévert
Poème paru dans le recueil Paroles (1946) 


sexta-feira, 8 de dezembro de 2017

EMMANUEL MACRON - «Le crayon des enchantements», hommage national à JEAN D'ORMESSON

« Une beauté pour toujours. Tout passe. Tout finit. Tout disparaît. Et moi qui m’imaginais devoir vivre pour toujours, qu’est-ce que je deviens ? Il n’est pas impossible… Mais que je sois passé sur et dans ce monde où vous avez vécu est une vérité et une beauté pour toujours et la mort elle-même ne peut rien contre moi.»
Dernières phrases écrites par Jean d'Ormesson

Capture d'écran

«Trouver les mots pour celui qui les aimait tant et s'est tu à jamais.
Hommage à l'immortel Jean d'Ormesson.» 
Extraits du discours du Président de la République, Emmanuel Macron:

« Ne fut-il pas lui-même un être de clarté ? Il n’était pas un lieu, pas une discussion, pas une circonstance que sa présence n’illuminât. Il semblait fait pour donner aux mélancoliques le goût de vivre et aux pessimistes celui de l’avenir.
(...)
C’est cette clarté qui d’abord nous manquera et qui déjà nous manque en ce jour froid de décembre. Jean d’Ormesson fut ce long été auquel pendant des décennies nous nous sommes chauffés avec gourmandise et gratitude.
(...)
Vous aviez écrit: "À l'enterrement de Malraux, on avait mis un chat près du cercueil, à celui de Deferre, un chapeau, moi je voudrais un crayon, pas d'épée, pas de croix (...) un simple crayon à papier". Nous vous demandons pardon, monsieur, de ne pas vous avoir tout à fait écouté. Pardon pour cette pompe qui n'ajoute rien à votre gloire. 
(...) 
Du moins puis-je vous rester fidèle en déposant sur votre cercueil ce que vous avez voulu y voir: un simple crayon, le crayon des enchantements. Qu'il soit aujourd'hui celui de notre immense gratitude et de notre souvenir."

terça-feira, 5 de dezembro de 2017

JEAN D'ORMESSON (1925-2017)

Jean d’Ormesson, disparition d’un immortel


« Il a toujours dit qu’il partirait sans avoir tout dit et c’est aujourd’hui », a déclaré sa fille Héloïse ce matin à l’AFP. Un visage joyeux, des yeux bleus espiègles, un sourire charmeur, tel est le portrait de cet immortel qui nous a quitté dans le nuit du lundi 4 au mardi 5 décembre, décédé d’une crise cardiaque, à l’âge de 92 ans.
Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d’Ormesson est né le 16 juin 1925 à Paris. Son père ambassadeur l’entraîne en Bavière, en Roumanie ou au Brésil. Le jeune Jean y gagne le goût pour la France éternelle, la certitude que notre culture et notre littérature sont des phares pour le monde entier. Lors de ses études, pour échapper à Sciences Po, Jean d’Ormesson entre en hypokhâgne, puis intègre l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, juste après la seconde guerre mondiale. Il passe l’agrégation de philosophie et se résout à enseigner. Il entre en 1950 à l’Unesco, où il devient l’assistant de Jacques Rueff au Conseil international de la philosophie et des sciences humaines nouvellement créé – qu’il dirigera plus tard. Il participe aussi, avec Roger Caillois, à la revue des sciences humaines Diogène, dont le premier numéro sort en 1953. Il déclarait détester les réunions et les comités de rédaction, ce qui ne l’empêchera pas de diriger Le Figaro entre 1974 et 1977.
La littérature fut la grande affaire de sa vie. Il l’embrasse en 1956 avec « L’amour est un plaisir », mais il ne connaît son premier grand succès qu’en 1971, avec « La Gloire de l’Empire » ; un roman récompensé par le Grand Prix de l’Académie française qui l’accueillera 2 ans plus tard, en octobre 1973, au fauteuil n°12, succédant ainsi à Romain Rolland. D’Ormesson écrivit jusqu’à son dernier souffle. Au total, une quarantaine de livres souvent autobiographiques (« Le Rapport Gabriel », « Du côté de chez Jean » …) où se mêlent l’humour, l’érudition, l’amour et les drames parfois de la vie.
Son grand combat fut celui de permettre à Marguerite Yourcenar d’être la première femme à intégrer le cénacle masculin de l’Académie. Plus tard, Michel Mohrt, Maurice Rheims, Jean-Marie Rouart ou Simone Veil lui devront leur élection.
MERCI:https://www.radioclassique.fr/magazine/articles/jean-dormesson-disparition-dun-immortel/





segunda-feira, 4 de dezembro de 2017